OCTONOVO: En quelle année
es-tu arrivé et comment es-tu arrivé ici?
Jean PELLET: Vers 54 ou 56,
je ne me rappelle plus. On avait lu une revue ou un
article, "le curé au milliard". On est venu
avec le cousin de ma fiancée et le coin m'a plu.
89: Tu as des documents de cette
époque?
JPE: Toutes mes archives ont
brûlé dans l'incendie de mon domicile en février 2000.
il ne me reste rien, même pas mes effets personnels.
Tout a été absolument détruit.
89: Comme tu es le plus ancien
des chercheurs, dis moi, à quoi ressemblait Rennes-le-Château
à l'époque.
JPE: A la même chose qu'aujourd'hui
avec plus de ruines. Iil y avait surtout le domaine
avec Corbu.
89: Il y avait déjà des chercheurs?
JPE: Surtout des curieux, de
passage. Par exemple, je me rappelle de la famille Constant
avec ses 8 enfants qui faisaient tous un trou dans le
jardin. C'était bon enfant.
89: Mais alors les recherches
sérieuses?
JPE: Ca a vraiment commencé
avec Gérard de SEDE et son premier livre..
89: Avant cette époque (1967),
comment s'organisaient les recherches?
JPE: On n'avait pas de thèse
particulière. On mangeait ensemble le midi, et après
on se dispersait. Chacun pour soi et puis le soir on
se retrouvait, on causait, un peu cachottier mais gentil,
sans vacherie ni violence. C'est après que cela a changé.
89: C'était qui à l'époque ces
chercheurs de trésor?
JPE: Ils ne sont plus revenus pour
la plupart... Il y avait Maraval. (1)
89: Maraval?
JPE: Il habitait dans la région,
dans le château de sa femme. Il ne s'intéressait pas
a l'histoire de la même façon que nous mais plutôt en
dilettante. Sa femme était très sympa. C'est de sa femme
qu'il détenait un document sur un dépôt à Rennes-le-Château.
Il se l'est fait voler par un canadien.
89: Et Pierre Plantard?
JPE: Je ne l'ai pas connu personnellement.
Je l'ai vu une ou deux fois. A vrai dire il m'a semblé
insignifiant. Il se prétendait descendant des rois mérovingiens.
A vrai dire, cette histoire invraisemblable, il l'a
montée petit à petit. Il s'inventait un monde au fur
et à mesure. A la fin, il racontait que son père avait
connu l'abbé et faisait la fête chez lui. C'était n'importe
quoi.
Par contre Philippe de Cherisey avait
des connaissances étonnantes. En ésotérisme en particulier,
mais au sens noble du terme, cryptographie, alchimie,
langues anciennes, symbolisme. C'est lui qui dans le
1er livre de Gérard de SEDE sur Rennes-le-Château a
fait toute cette partie ésotérique et symbolique.
D'ailleurs Gérard de SEDE m'a raconté
Gisors aussi. Il m'a raconté comment avant d'être chassé,
Lhomoy a emmené des objet.
89: Qui sont passés où?
JPE: Je n'en sais rien.
89: Les Charroux et Cie?
JPE: Robert CHARROUX voulait
que je monte un bureau à Lyon pour son association des
chercheurs de trésors. Il est intéressant parce qu'il
écrivait tout ce qu'il entendait . Il faut trier par
contre . Il avait un ami ingénieur, LENOIR, qui avait
mis au point un des premiers appareils français de détection
électromagnétique . Ils ont poêlé un peu de partout
mais ils n'ont rien trouvé.
89: Tes meilleurs souvenirs
de fouilles?
JPE: Des trucs marrants. Dans
le jardin de l'abbé, quand on a atteint les souterrains.
Henri BUTHION nous a obligé à tout reboucher alors qu'on
voyait la voûte d'un souterrain. Il a coulé une dalle
de ciment par dessus pour faire la piste de danse dont
il avait besoin pour son hôtel, car le Dimanche qui
suivait, il avait une première communion. Pour faire
ce souterrain, ils s'étaient appuyés sur des failles
naturelles, qui allaient vers le château, dans un sens,
et de l'autre coté bifurquaient.
Lorsque je me suis intéressé à la source,
j'ai pu constater que les drains sont d'époque romaine.
L'eau a été amenée du temps des romains d' une source
jaillissante. Enfin c'est mon hypothèse.
89: Tu penses que cette source
a pu avoir un débit supérieur?
JPE: Non, l'intérêt qu'elle
présente, c'est surtout qu'elle est régulière. Mais
il est clair qu'elle n'a jamais pu alimenter 30.000
pers. Même pas 10.000. Le débit est de 3 ou 4 m3
jour.
89: Tu as fouillé la tour?
JPE: Moi non. Je n'ai eu ni
l'occasion ni l'autorisation. Mais cela a été tellement
fait que je suis étonné que l'on puisse encore vouloir
y faire des trouvailles.
89: Et tu penses qu'il y a effectivement
une crypte sous l'église?
JPE: Ah oui! Des documents le
prouvent amplement. Par exemple, les Corbu-Captier ont
publié des documents qui font état du dernier enterrement
qui a lieu dans la crypte. Elle se situe sous l'ancien
maître autel, qui était lui-même un peu à gauche
quand on rentre dans l'église. Par contre, je serais
très étonné qu'elle n'ai pas été ouverte depuis le Ve
siècle.
89: Le livre de Gérard de SEDE
a vraiment tout changé.?
JPE: Ca a été le démarrage.
On est resté en contact pour travailler sur les documents.
89: La question que tu aurais
aimé que je te pose?
JPE: Tu sais, j'ai donné beaucoup
d'interviews, et certains en ont profité pour mettre
dans ma bouche n'importe quelle sottise. Par exemple
que j'allais sauver Israël. tu te rends compte, c'est
vraiment n'importe quoi.
89: Et pour toi le trésor, c'est
quoi?
JPE: Ce que les Wisigoths ont
ramené dans la région.
(1)
Suite à une erreur, la première publication de cette
interview faisait état de Philippe de Cherisey à la
place de M. Maraval
OCTONOVO-Jean PELLET Mai 2001
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